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Acharnement psychiatrique sur une camarade

mercredi 2 mai 2012, par I A L A - Anti-autoritaires de Lyon et Alentours

Note de Textes PSY : Nous n’avons pas assez de recoupements nous permettant de garantir les faits racontés ci-dessous. Néanmoins, cet appel manifeste une inquiétude qui grandit, pas seulement chez les adversaires de la psychiatrie, mais aussi chez les professionnels mêmes de la psychiatrie. Nous le diffusons donc en ce sens.

Depuis vendredi 20 avril Christine est internée de force au centre hospitalier Le Valmont (Montéleger), près de Valence. Elle est depuis lors à l’isolement et doit très certainement y être maintenue à l’appui et/ou au chantage de méthodes destructrices (camisoles physique et chimique). Après une semaine sans aucun contact avec l’extérieur, elle n’a toujours droit à aucune visite.

Vendredi matin Christine avait rendez vous au Valmont dans le cadre d’une conciliation où elle voulait contester le bien fondé d’une Hospitalisation sans Consentement qu’elle avait subit au mois de novembre dernier dans ce même établissement.

En arrivant sur place, témoin d’une gestion musclée d’un patient, elle est intervenue jugeant la situation intolérable. Ni une ni deux, c’est elle qui se retrouve maîtrisée à son tour. Sur l’avis d’un médecin elle est alors elle même internée sous ADRE (Admission sur Décision d’un Représentant de l’Etat, mesure d’hospitalisation sans consentement remplaçant les anciennes Hospitalisations d’Office depuis la réforme sur la psychiatrie d’Août 2011).

Christine n’en est malheureusement pas à son premier internement sans consentement. Nombreuses insoumissions à diverses autorités publiques l’y ont déjà mené (ce qui fut le cas en novembre). A chaque fois la réponse des autorités est la même, une psychiatrisation de sa contestation. Et ce processus devient un engrenage infernal au-delà duquel il devient difficile de sortir sans courber l’échine. La volonté affichée est claire : briser toute velléité protestataire.

Plus généralement, la psychiatrisation devient un des modes de gestion de la contestation sociale et la réforme sur la psychiatrie de l’été dernier ne fait que faciliter ces méthodes.

L’autorité médicale du Valmont, avec l’appuie de la préfecture de la Drôme, semble vouloir maintenir Christine dans ces conditions jusqu’à venir à bout de sa résistance.

La mesure d’internement forcé n’étant toujours pas levée, Christine sera présentée devant un Juge de la Détention et des Libertés (JLD) jeudi 3 mai à 11h au tribunal de Valence. Celui-ci devra statuer sur le maintient ou non de son hospitalisation.

Exigeons la libération immédiate de notre camarade.

8 Messages

  • Acharnement psychiatrique sur une camarade Le 2 mai 2012 à 17:40, par Anne-Laure Donskoy

    Bonjour
    Si ces faits sont avérés, cette personne est tout à fait dans son droit de porter plainte pour séquestration, violation des droits de l’homme, mais aussi de signaler ce qui s’est passé auprès du Haut-commissariat aux droits de l’homme à Bruxelles car ceci est une violation flagrante de la Convention européenne des droits de l’homme et de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.
    Je vais transmettre aussi ce cas sur la page Facebook de ENUSP, le réseau européen des (ex)usagers et survivants de la psychiatrie et ailleurs…

    Anne-Laure Donskoy
    Usager chercheur activiste

    • Acharnement psychiatrique sur une camarade Le 4 mai 2012 à 14:41, par Michel de Tiarelov

      @Anne-Laure : c’est quoi, un "Usager chercheur activiste" ? Impressionnant, en tout cas !
      Pour le reste, j’en ai profité pour me faire "usager"... de la page Facebook de l’ENUSP. Maintenant, n’est-ce pas un véritable parcours du combattant que vous nous proposez là ? Le Haut-commissariat aux droits de l’homme à Bruxelles ? Qui donc, sortant de telles "expériences", a-t-il encore assez de tchatche pour entreprendre pareil parcours procédurier ? (à croire que c’est étudié pour dissuader le quidam, précisément...) Surtout que cela se réfère "aux droits des personnes handicapées" ! Ce qui manque un peu de cohérence, non ? Parce que si on est un "interné abusif", c’est justement parce qu’on se défend vivement d’être (ou de devenir : via des "soins" éminemment iatrogènes) une... "personne handicapée" !
      Donc, simultanément à sa plainte pour "violation flagrante" etc., il cautionnerait implicitement ce statut de "personne handicapée" ? À mon sens, c’est un peu le chat qui se mord la queue...

  • Acharnement psychiatrique sur une camarade Le 2 mai 2012 à 18:34, par Anne-Laure Donskoy

    Si ces faits sont avérés (bis), souhaitez vous que la communauté internationale des usagers et survivants de la psychiatrie envoie des courriers à l’hôpital de Valmont ? Ou ailleurs ? Auquel cas, il nous faudrait des coordonnées.

    Anne-Laure Donskoy
    Usager Chercheur activiste

  • Acharnement psychiatrique sur une camarade Le 3 mai 2012 à 09:27, par Dominique Dupagne

    Bonjour
    La description de la situation, et le titre choisi, laissent penser que cette internement est abusif. Pourtant, il y a bien peu de matière pour être aussi affirmatif et heureusement, il y a l’introduction qui atténue le titre.

    Soit cette personne est victime d’un internement abusif, soit c’est une paranoïaque de combat. Rien ne nous permet de nous déterminer entre ces deux options.

    La première supposerait des faux certificats répétés de la part de psychiatres français. C’est possible bien sûr. Mais je trouve la diffusion de ces accusations grave en l’absence de preuve.

    En tant que médecin généraliste, je n’ai jamais été confronté en 25 ans à un internement abusif de plus de 24 heures. En revanche, j’ai eu de nombreux cas de psychotiques dangereux pour eux ou pour les autres qui ont pas été hospitalisés (sans leur consentement) à tort.

    Je suis surpris de voir texte Psy relayer cette affaire sans éléments probants.

    En revanche, je n’oublie par le travail de Rosenhan http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Rosenhan insuffisamment connu à mon sens.

    • Acharnement psychiatrique sur une camarade Le 3 mai 2012 à 15:54, par Jacques Louys

      Eh bien, si cela crée un débat, c’est utile de le publier, au moins provisoirement. L’intérêt est l’intervention prochaine du juge dans ces cas et ce qui va en sortir. La loi à ce propos est récente et c’est pertinent de suivre ses conséquences sur le terrain.

    • Acharnement psychiatrique sur une camarade Le 4 mai 2012 à 18:44, par Anne-Laure Donskoy

      Les internements sous la contrainte sont illégaux en regard de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, que la France a signée et ratifiée en 2008.
      La Loi dite du 5 juillet 2011 est par ailleurs illégale dans ses fondements et donc dans son application.
      Qu’on se le dise.

  • Christine a été présenté jeudi matin (03/05/12) devant la JLD (Juge de la détention et des libertés) au tribunal de Valence. Ce dernier devait statuer sur son maintien ou non en Hospitalisation sans Consentement (1). Sur la base des éléments avancés par son avocate, le JLD a alors décidé de faire établir une contre-expertise médicale afin de réexaminer le dossier lors d’une prochaine audience, le vendredi 11 mai à 10h. Quelques personnes étaient présentes pour témoigner leur soutien à Christine, mais se sont vu refuser l’accès à la salle d’audience par le juge, qui a d’abord prétexté que ce type d’audiences n’étaient jamais publiques. Puis, se reprenant ensuite, en arguant que l’audience ne pouvait être publique afin de ne pas « porter atteinte à l’intimité de la vie privé » de Christine (2).

    Tout comme la mesure d’isolement interdisant les visites à Christine, cette pratique confirme la volonté de maintenir une chape de plomb sur ce type de procédure. Christine reste donc maintenu au Valmont en Hospitalisation sans Consentement. Cela fait maintenant deux semaine qu’elle est à l’isolement et les médecins ne semblent pas vouloir revenir sur cette décision. L’isolement consiste en une suppression de tout contact avec l’extérieur (visites, même de sa famille, radio, livres, téléphone...) ; seul, le courrier lui est actuellement autorisé.

    (1) La mesure exacte d’hospitalisation sans consentement est une ASPDRE (Admission en Soins Psychiatriques à la Demande d’un Représentant de l’Etat).

    (2)L’art L3211-12-2 du code de santé publique prévoit que ces audiences doivent normalement être publiques, mais il permet surtout, sous prétexte « d’atteinte à l’intimité de la vie privé » ou de risques « de désordres de nature à troubler la sérénité de la justice », qu’elles se tiennent à huis clos. Tout comme de la même manière, l’autorité médicale s’évite tout regard extérieur, sur le prétexte du respect du secret médical.

    • Acharnement psychiatrique sur une camarade Le 12 mai 2012 à 07:07, par Jacques Louys

      Ce vendredi matin (11/05/12) avait lieu au Tribunal de valence la deuxième audience de Christine devant le Juge des Libertés et de la Détention à l’issue de laquelle ce dernier devait statuer sur le maintien ou la levée de son hospitalisation sans consentement. Il a été décidé de la libérer notamment suite au compte rendu de l’expertise psychologique demandée lors de la première audience (03/05/12) et qui a eu lieu ce lundi.

      A l’issue de trois semaines d’enfermement, ce rapport fait apparaître que l’état de Christine « ne présente pas [actuellement] de troubles mentaux compromettant la sécurité des personnes ou portant atteinte de façon grave à l’ordre public et nécessitant des soins en milieu spécialisé ».