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Où va la psychiatrie ?

Motion du CONGRES ANNUEL de L’USP - 23, 24 et 25 mars 2012 à Paris

lundi 16 avril 2012, par Union Syndicale de la Psychiatrie

Les bouleversements sociaux et économiques de ce début de millénaire interrogent sur
les capacités d’adaptation des êtres humains. Quelles limites devons-nous respecter pour
cesser de nous mettre à mal ? Quelle santé mentale et publique, quelle politique
alternative de psychiatrie promouvoir contre une pression normative croissant
dangereusement, qu’elle soit scientiste, sécuritaire ou gestionnaire ?

En premier lieu, nous attendons avec impatience l’abrogation de la loi répressive du 5
juillet 2011, qui attaque les libertés fondamentales et constitutionnelles en imposant des
soins forcés à domicile. Pour les mêmes raisons, nous attendons également la
reconnaissance de la prééminence du consentement individuel sur le fichage imposé des
données personnelles, en psychiatrie comme ailleurs.

Droits des patients, libertés citoyennes, déontologie médicale : socle d’une psychiatrie
démocratique et altruiste, la politique de secteur repose avant tout sur le libre choix et la
responsabilité. Les mesures de contrainte médico-sociales, quand elles sont nécessaires,
doivent être strictement encadrées.

L’indépendance de la formation et des pratiques cliniques doit être préservée, contre la
prétention de l’industrie pharmaceutique et techno-sécuritaire à « traiter » toute anomalie
comportementale. La loi HPST doit être abrogée, car elle détruit toute politique possible de
service public, par HAS, ARS, management par objectifs interposés. Et l’écran de fumée
du Plan psychiatrie et santé mentale 2011-2015 ne peut faire illusion...

Au contraire, l’égalité statutaire et républicaine reste à la base de la santé des usagers
comme des professionnels, contre la concurrence de tous contre tous, la course à la
performance individuelle, la sélection des populations.

Il ne peut y avoir de politique de santé mentale sans une psychiatrie en bonne santé !