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Parution du dernier livre d’Evelyne : "Interventions humanitaires en santé mentale dans les violences de masse"
jeudi 15 octobre 2009
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A l’occasion de la parution de son dernier livre écrit en collaboration avec Vincent Dubois, Textes PSY pose quelques questions à Evelyne Josse, membre de Psy désir, psychologue - 14 Avenue Fond du Diable, 1310 La Hulpe, Belgique
+32(0)2/633.56.70
Il s’agit de : "Interventions humanitaires en santé mentale dans les violences de masse", un ouvrage d’Evelyne Josse et Vincent Dubois, chez de Boeck Université, collection Crisis. Préface du Professeur Louis Crocq.
Question : Pourquoi as-tu écrit ce livre aujourd’hui ?
E.J. : Les organisations humanitaires portent secours aux populations en danger dans les zones de combat, sur les chemins de l’exode et dans les camps de réfugiés et de déplacés. Jusqu’il y a peu, l’assistance s’adressait en priorité aux besoins vitaux tels que la nourriture, l’eau, les installations sanitaires, les soins de santé et les abris. Ces dernières années cependant, les acteurs humanitaires ont été de plus en plus interpellés par les répercussions des violences de masse sur l’équilibre émotionnel et social des individus et des communautés. Cela les a conduits à proposer des programmes de santé mentale visant à restaurer et à maintenir le fonctionnement psychologique et social des populations affectées. Toutefois, ce type d’intervention n’en est encore qu’à ses débuts. Pour l’optimaliser, il nous a semblé opportun de recenser les pratiques répondant le plus adéquatement aux problèmes spécifiques rencontrés par ces communautés.
Question : Dans tes interventions, pars-tu seule ou es-tu envoyée par un organisme ?
E.J. : Je suis dépêchée par des organismes. Travailler dans des contextes de conflit et de post-conflit ne s’improvise pas. Les situations sont potentiellement dangereuses et il peut être suicidaire de s’y engager sans être encadré par un organisme assurant votre sécurité. De plus, les programmes d’aide psychologique ne sont qu’une partie du dispositif d’ensemble des plans d’urgence. Ils doivent être développés conjointement avec les médecins et les logisticiens.
Question : A qui destines-tu ce livre plus particulièrement ? A qui as-tu pensé en l’écrivant ?
E.J. : Ce manuel s’adresse à un large public de professionnels concernés par les interventions en santé mentale dans les contextes de violences de masse. En priorité, il est conçu comme un outil pratique destiné au personnel de santé mentale intervenant dans les urgences. Il décrit de manière détaillée et systématique des interventions susceptibles de répondre efficacement aux besoins des populations affectées. Y sont développées pour les personnes vulnérables, des mesures spécifiques, tant psychologiques que psychiatriques. Pour la communauté, sont suggérées des actions simples visant à atténuer la détresse générale et à prévenir l’apparition de troubles mentaux et psychosociaux. Cet ouvrage se présente aussi comme un guide visant à accompagner les gestionnaires des programmes de santé mentale dans la définition des stratégies et des actions pertinentes à mettre en œuvre dans les situations d’urgence. Par ailleurs, je souhaite que cet ouvrage puisse renforcer l’attention des décideurs opérationnels des sièges des organisations humanitaires ainsi que les responsables de terrain aux conséquences des violences sur la santé mentale des individus qui les subissent. Dans les premiers temps de l’urgence les besoins vitaux constituent leur préoccupation première. Du coup, la santé mentale peut leur sembler secondaire et être reléguée au second plan. J’espère également qu’il sensibilisera les décideurs politiques aux effets de ces violences et de l’exil sur l’équilibre émotionnel et social des individus et des communautés. Le souci majeur de ces responsables est de porter secours rapidement aux populations en danger, de rétablir et de maintenir la sécurité intérieure ainsi que de favoriser la reconstruction de la société. Or, l’impact à court, moyen et long termes de tels événements sur la santé mentale et le bien-être psychosocial risquent d’entraver, voire d’obérer, le processus de paix et les efforts de reconstruction de la société.

Voir en ligne : http://www.resilience-psy.com/spip.php?article109


